Monywa

2 8/1

Monywa

Très tôt, à 5h, j’embarque sur le bus pour Mandalay. Non sans regretter la charmante ville de Hsi Paw. Le bus est confortable, bien suspendu et pas trop bruyant, idéal pour continuer mon sommeil interrompu.

Je me réveille en temps pour vivre la traversée du chasme de Gokteik que j’ai déjà traversé en train en venant. De loin, on aperçoit une épaisse couche de nuage qui « coule » comme une rivière dans ce « lit » de 200m de profondeur.  Contrairement au train dont le tracé descend en larges boucles jusqu’au viaduc (106 m de haut) côté sud et regrimpe par deux sections de tunnel côté nord, la route est obligée de descendre jusqu’à la rivière par des lacets à couper le souffle (env. une quinzaine). Heureusement, notre conducteur était supercalme et négociait lacets, croisements et dépassements des mastodontes de camions avec une élégance exemplaire.

Nous arrivions sans problème un peu avant 11h à Mandalay. Le train mettait pour 2/3 de la distance facilement 8h.

Ayant rejoint mon hôtel en trishaw, vélo avec un siège face à la route (et éventuellement un siège de dos…),  javais pitié avec ces braves pédaleurs qui se font lentement supplanter par les 4X4, les motos et les « taxis bleus » (vue typique des rues de Mandalay,  pick-up 2-temps de marque Mazda, on n’en voit qu’ici…), je me restore chez Mann, le chinois du coin, et complète ensuite ce qu’il me faut comme sommeil.

29 /1

Je monte dans un joli bus jaune qui m’amènera à Monywa, mais pas tout de suite. On sillonne d’abord les rues de Mandalay pour le remplir tout à fait. Enfin, on met le cap sur l’ouest, sans oublier les arrêts en banlieue. On passe comme ça près de 4 heures pour 85 km…

La route, bosselée à souhait, est ombragée par des rangées d’arbre et on traverse ainsi les plaines sans être  gênés par le soleil. Je sommeille un peu, il n’y a rien à voir sauf des champs à perte de vue.

A Monywa, j’ai failli rester dans le bus et arriver qui sait où.  Ici, les touristes européens sont rares et presque personne parle l’anglais. A force de questionner tout le monde sur l’endroit où nous sommes, j’arrive à établir « statistiquement » que c’est bien Monywa. Je descends vite fait.

Un conducteur de trishaw connait mon hôtel et m’amène doucement au Shwe Taung Tarn en bravant une circulation exubérante et très anarchique. Nous nous arrêtons au nord d’un imposant temple qui semble former, avec le vieux marché  et une tour d’horloge richement décorée, le centre d’activité de la ville.

un magnifique "clock tower"

Mon hôtel, est convenable – quoique l’accueil soit un peu froid comparé à celui,  souriant, dans d’autres autres endroits. Ils ont un restaurant, carte chinoise, qui semble cependant un peu cher mais de bonne qualité.

Le reste de l’après-midi, je me promène en ville et passe un moment à admirer la rivière Chindlwin et les montagnes au lointain. Ensuite, je me mets à la recherche d’une bonne pâtisserie, mais elle est si bien cachée ou mon plan de la ville si imprécis, que je reste bredouille. Tant pis, ça sera pour un autre jour. Je trouve mon petit goûter ailleurs : du thé au lait et une crêpe épaisse que l’on fait cuire des deux côtés dans une poële avec un récipient rempli de braises posé par-dessus. Saupoudrée de sésame, de sucre et de cocos, elle est délicieuse.

30/1

Ce matin, j’ai rendez-vous avec un gars en moto pour aller voir la cave aux milliers de bouddhas. D’abord, je suis obligé de passer par la pharmacie : j’ai une bonne tourista et il me faut un traitement adéquat. Ce petit détail réglé, nous partons en évitant la mafia du bac qui braque les touristes de façon grave. Nous prenons le pont sur le Chindlwin en faisant quelques km de plus.

La première halte est un site de production de cuivre artisanal : Les paysans de ce coin ont vu leurs champs de tournesol empoisonnés par les coulées répétées de boues toxiques venant d’une mine de cuivre très sale : Bravo à l’industriel Canadien qui produit ainsi du cuivre à prix de revient ridicule au mépris des gens du pays et de toute règle écologique…

une exploitation modèle

On a une impression de paysage lunaire.

Les fermiers, n’ayant plus de terres agricoles – pas de dédommagement non plus, évidemment – se sont aperçus que ces boues contiennent encore beaucoup de sels de cuivre.

une mini-mine de cuivre

du sel de cuivre

Ils enrichissent le contenu en cuivre un peu comme les paludiers de Guérande. La sauce est enfin recueillie dans des bacs isolant, construits avec des bâches en plastique. Le cuivre se dépose alors sur de boîtes de lait condensé en  échange avec le fer qui va en solution.

Des boîtes, il ne reste que l’étamage à la fin. Le soir, le cuivre est fondu, le fer restant oxidé et l’étain se met où ? Qui sait…

le lait condense - ca sert

le lait condensé - ça sert

Un « oeillet » rapporte environ 10€ au prix d’un travail pénible dans les boues pas très bonnes pour la santé.

Arrivés à la cave des mille bouddhas, je n’ai pas eu le courage de les voir tous ni les compter, je commence à souffrir sérieusement de la chaleur : il faut s’hydrater en conséquence. Vu que les bosses de la route m’ont également déclenché un mal de dos, on organise un massage au monastère pour après la visite.

Sur les siècles, les caves se sont constamment agrandi et on voit de belles sculptures en bois, des sculptures à même le rocher et des peintures murales très anciennes.

le rocher des caves

sculpture

bouddhas

muraux

Maintenant, très vite, je n’en peux plus, j’ai la tête qui tourne : ombre et boisson, vite !

Ensuite, le massage dans la salle d’ordination du monastère m’a fait un bien énorme et j’ai pu envisager les épreuves du chemin de retour.

J’ai tout de même beaucoup aimé cette excursion,  dont je retiens la vue sur le Chindlwin, les routes ombragées par des Banyan et le site du temple des caves.

A l’hôtel, je traite ma tourista et ce début d’insolation et me mets au lit pour un sommeil réparateur.

31/1

Je passe la journée à récupérer : le début d’insolation et la tourista. Ensuite, j’essaye de mettre mon blog à jour. Peine perdue : Les sites de blog sont très mal vus par les autorités, on le comprend… Ces sites sont donc systématiquement bloqués par la censure. Il me faudra un génie informaticien pour me créer un tunnel par lequel mes quelques lignes de nouvelles peuvent passer anonymement. A Monywa, il ne faut pas y penser.

Je cherche encore un bout de temps la fameuse « cake world », elle reste introuvable… Alors, juste un thé au lait épais…

1./2.

Je me mets en route pour Bagan : Il y a deux étapes principales, en bus jusqu’à Pakokku (soulèvement des moines, il y a deux ans). Le trajet prend bien 4 h bien tassées. En gros, c’est un vieux bus HINO et des routes épouvantables. Puis, fin de la route ici et poursuite du voyage par bateau. 3 h de plus, au moins, cela ne chahute pas…Enfin, un petit amassement de stupas nous annonce la fin du voyage : Nyung-U, tout proche des sites de Bagan. Mon hôtelier m’a envoyé un gars en Trishaw. Le marchandage transport est évité. Il fait très chaud à 16h et je plains le pauvre gars qui pédale.

Le soir, je vais manger à un restaurant internet. Manger et essayer un contact avec le monde n’est pas une mauvaise idée. Hélas, la connexion est tellement mauvaise que je dois me rabattre sur un poulet aux cajous et du riz. On verra demain ?

A propos peomeyer

en retraite, voyageur invétéré, intérêt spécial: Asie du sud-est
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